Forum 3 – Cohésion sociale, gouvernance, bien-être individuel et collectif, évolution des comportements dans la société et au sein de l’entreprise, à l’heure d’Internet et des réseaux sociaux

Corinne Lepage, députée européenne
Cynthia Fleury, philosophe
Nicholas Vieuxloup, directeur des opérations de Viadeo

« Une société en réseau » 

« L’hypothèse d’un retour à une croissance soutenue s’est aujourd’hui durablement éloignée. Les enjeux auxquels nous sommes confrontés peuvent être appréhendés sous forme d’un questionnement essentiel : comment faire preuve de dynamisme dans un environnement pessimiste ? La compétitivité d’une économie, d’un territoire, en effet, repose aussi sur d’autres indicateurs que le PIB : l’amélioration de la santé, de l’éducation, de la communication et des relations au travail. » Ce constat que l’ancienne ministre Corinne Lepage a souhaité rappeler en introduction à son propos a trouvé un écho favorable auprès des autres intervenants de cette table-ronde, à commencer par la philosophe Cynthia Fleury qui ajoute que « jusqu’à maintenant notre modèle était fondé sur la croissance. La crise durable nous impose de redéfinir notre contrat social » : Internet et les réseaux sociaux ont une influence forte sur cette nouvelle situation au sein de la société et dans l’entreprise : Internet, « qui permet d’ouvrir le champ des possibles », selon Nicholas Vieuxloup, directeur des opérations du réseau Viadeo dédié aux professionnels. « Il m’arrive pourtant de déplorer ces nouveaux modes de communication car il est difficile de créer du lien social dans l’entreprise », tient à souligner Agnès Salmon, P-DG du groupe Salmon, appelée à témoigner aux côtés des intervenants, avec Bernadette Festor, dirigeante de l’entreprise Valo’ à Florange et Myléne André, responsable du recrutement Grand-Est chez le logisticien  Stef Transport.  « Internet n’est pas une bête froide. Il faut réfléchir à ses usages, et bien appréhender ce que l’on veut en faire ; Internet permet aussi au manager de rompre sa solitude », ajoute encore Nicholas Vieuxloup.

Ces Technologies de l’Information et de la Communication, l’ensemble de ces instruments de partage de l’information créant une société en réseau, ont également favorisé l’émergence de nouveaux comportements au sein de l’entreprise, notamment de la part de celles et ceux qui incarnent « la génération Y » témoigne Mylène André. « Cette génération a bouleversé tous les codes liés au travail tels que nous les connaissions et pratiquions jusqu’alors. Car ils savent qu’ils occuperont plusieurs postes au long de leur vie professionnelle  », confirme Cynthia Fleury. « L’entreprise a changé son rapport au candidat. Aujourd’hui elle doit maîtriser son image pour attirer les talents et le manager s’est adapté, passant du modèle du manager gestionnaire à celui de manager meneur, ultracommunicant », poursuit Mylène André. « Nous sommes devenus une entreprise durable parce que nous avons su développer l’information et la communication auprès de nos salariés et les associer aux objectifs de l’entreprise. Chez Valo’, nous appliquons la norme ISO 26000* », renchérit Bernadette Festor.

* ISO 26000 est une norme relative à la responsabilité sociétale des organisations, dans les domaines du développement durable, de la protection de la santé et de la sécurité au travail, du dialogue social, de l’éthique…